Brève : Hopital d'Aubagne - Pétition en ligne _
Ce rassemblement sur le parvis de l’hôpital, qui aura permis de récolter en quelques heures des centaines de signatures, n’était que le premier acte d’un mouvement qui, à l’évidence, s’annonce de longue haleine… D’autres actions sont d’ores et déjà envisagées auprès des habitants – deux réunions publiques sont prévues à La Destrousse le 15 décembre et à La Bouilladisse le 17 décembre – et des professionnels de la santé, qui pourront s'ils le souhaitent recueillir les cartes pétitions dans leurs cabinets.
Parce qu’il dépasse largement les frontières d’Aubagne et de ses communes voisines, ce mouvement doit être porté la connaissance des élus et des habitants des communes voisines, Gémenos, Carnoux, Roquefort-la-Bédoule, Allauch et Nans-les-Pins pour ne citer qu’elles, qui, comme nous, sont directement concernés par le devenir de l’hôpital d’Aubagne…
Si l'existence même de l'hôpital d'Aubagne n'est pas remise en cause, en tout cas pas pour l'instant, son rôle central au sein du secteur sanitaire (150 000 habitants, dont toute la communauté d'agglomération) est remis en cause depuis un certain nombre d'années, de manière insidieuse, par les autorités de tutelle que sont l'Agence Régionale de l'Hospitalisation et le Ministère de la Santé.
Le premier signe de cette tendance a été, en 2003, l'attribution de l'appareil IRM (Imagerie par résonnance Magnétique) à la clinique La Casamance, avec la promesse que l'hôpital ne serait pas oublié. On attend toujours. Quand on sait l'importance de ce type d'équipement pour les rentrées financières d'un établissement de santé, on mesure le cadeau qui a été fait au privé.
Il faut savoir que l'ARH décide seule de l'octroi des subventions, de l'attribution des lits de chirurgie, de réanimation, de maternité, de pédiatrie et opère perpétuellement un arbitrage entre privé et public. Et ce alors même que le principal des recettes des établissements, privé et public confondus, provient d'une même source : le remboursement des actes par la sécurité sociale. Depuis la réforme de l'hospitalisation publique (plan hôpital 2007, depuis 2002, et hôpital 2012, réforme de Xavier Bertrand) la tarification à l'activité (T2A) a de fait favorisé une vision comptable et financière des hôpitaux. Les actes les plus rémunérateurs sont ceux sur lesquels le privé a mis « le paquet », en laissant à l'hôpital les tâches non pas ingrates, mais les moins lucratives.
Un des paradoxes de la situation, c'est que les grands groupes privés (générale de santé...) affichent une santé éclatante alors que les déficits cumulés des hôpitaux publics sont de 800 millions d'euros par an. Il est à noter que, si les premières réformes de fond de l'hôpital datent de la décennie 90, c'est après 2001 qu'a commencé à s'instaurer un système qui, aujourd'hui, conduit à menacer l'existence ou l'efficacité de plus de 200 hôpitaux publics dans notre pays.
Voilà ce que dit le représentant des 15 000 médecins de l'Assistance Publique des Hôpitaux de Paris, face à cette situation : les restrictions budgétaires sans objectifs médicaux aboutissent à une paupérisation de nos hôpitaux et un découragement des personnels qui y travaillent. C'est un mouvement sans précédent, qui signe un coup d'arrêt au développement spectaculaire de notre système de santé depuis 1958, et qui a permis à la France de truster les premières places dans les classements établis par l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS).
Alors bien sûr, comme ses pairs, l'hôpital d'Aubagne a une santé financière vacillante, mais il existe un principe qu'ont toujours suivi les présidents de son conseil d'administration que sont les maires d'Aubagne : on ne sacrifie ni la qualité des soins, ni les conditions de travail des personnels sur l'autel de l'argent.
La ligne rouge a été franchie par l'ARH au printemps dernier, en exigeant de réduire de 1,5 millions d'euros le budget de fonctionnement de l'hôpital. Cela signifie ne pas renouveler les contrats précaires, cela signifie ne pas augmenter les salaires, cela signifie réduire de manière drastique les possibilités de formation continue des personnels. Cela signifie en clair contribuer à la dégradation des conditions de travail, en rendant l'hôpital public moins attractif pour les jeunes diplômés, et les personnels soignants en particulier.
Face à cette situation, le Conseil d'administration a tout bonnement voté contre le plan, laissant l'ARH face à ses responsabilités. Cela ne suffit pas. De très nombreux exemples (Carhaix, St Affrique...) montrent que la mobilisation des populations peut faire plier les pouvoirs publics.
Quels sont les enjeux aujourd'hui ? Que risque-t-on ?
L'hôpital a obtenu, non sans mal, une subvention pour développer le service de réanimation. Il faut obtenir les crédits pour créer un pôle mère enfant d'excellence, et conforter le rôle de l'hôpital dans le domaine des urgences pédiatriques. Il faut également se mobiliser pour que le centre hospitalier reste l'établissement de référence, où la plupart des pathologies pourront être traitées, la plupart des actes chirurgicaux pourront être pratiqués.
Si l'hôpital d'Aubagne ne maintient pas son rang, le rapprochement avec l'Assistance Publique des Hôpitaux de Marseille nous pend au nez, auquel cas, certaines pathologies seraient traitées à la Timone, d'autres à St Antoine, à l'hôpital Nord. Imaginez les trajets. En matière de santé, l'idéologie n'a pas sa place. A Aubagne et dans les communes de l'agglo, on se bat pour l'hôpital comme on se battait hier pour la clinique Fallen. Tous les élus de la majorité de la ville d'Aubagne, du PCF au MODEM, se battent pour l'efficacité du centre hospitalier Edmond Garcin. Plus de 700 personnes se sont déjà mobilisées en juin pour sa défense. En multipliant les signatures, en coordonnant notre action au plan régional et national, nous pouvons faire changer les choses. Il n'est pas trop tard. Le déficit des hôpitaux publics, c'est 800 millions d'euros par ans. Le gouvernement vient de débloquer des dizaines de milliards pour sauver des banques qui ont fait des dizaines de milliards de profit les années précédentes, il peut aider à pérenniser les hôpitaux, c'est notre santé et celle de nos enfants qui sont en jeu.
Site d'Agir pour l'hopital d'Aubagne :
http://agir-hopital-aubagne.over-blog.com/
La pétition directement :
http://www.agglo-paysdaubagne.com/fr/actualites/pop-up/hopital-aubagne/index.html
La coordination nationale des comités de défense des hopitaux et des maternités de proximité
pour des informations de toute la France :
http://www.coordination-nationale.org/